Alain ANQUETIL, Professeur permanent d’éthique des affaires à l’ESSCA, a été désigné en juin 2010 lauréat de l’enseignement de l’éthique.
Ce prix national est décerné tous les deux ans par la Fondation Ostad Elahi - éthique et solidarité humaine et l’Institut international du management (IIM) du Cnam, sous le parrainage du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche.
Dans le texte qui suit, Alain ANQUETIL dit quelques mots à propos de ses enseignements.
« Je voudrais souligner deux points qui me paraissent importants. D’abord ces enseignements s’inscrivent au sein de l’éthique des affaires en tant que discipline académique, au même titre que les disciplines de gestion. Cela signifie qu’ils incluent la transmission des connaissances fondamentales de la discipline – celles qui sont contenues dans les ouvrages universitaires qui lui sont consacrés.
Le second point concerne les principes pédagogiques qui gouvernent mes cours. Ils ont bien sûr évolué depuis le premier enseignement que j’ai dispensé à l’ESSCA en 1999, alors que je préparais une thèse de sciences cognitives. L’un d’eux affirme que l’enseignant en éthique des affaires ne doit pas se situer en retrait des questions soulevées par sa discipline. Il doit notamment éviter de se limiter au « questionnement éthique ». D’ailleurs, les étudiants attendent souvent de l’enseignant des réponses aux problèmes ou aux dilemmes moraux qui se posent dans le contexte de l’entreprise. |
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 Alain Anquetil, professeur d'Ethique de l'ESSCA - copyright "Fondation Ostad Elahi" |
Mes cours vont même plus loin puisque j’y défends une thèse : celle qu’il n’existe pas de séparation entre les règles morales fondamentales qui gouvernent la vie des affaires et celles qui gouvernent la vie ordinaire. Autrement dit, il y a une continuité de l’expérience morale entre la vie privée et la vie professionnelle.
Bien que cela paraisse aller de soi, cela ne correspond pas à ce que l’on pense bien souvent, par exemple quand on croit que la vie des affaires est gouvernée par la « loi de la jungle ». Un auteur connu qui conteste cette idée répandue affirme par exemple que « les bons employés sont de bonnes personnes ». Si l’on est d’accord avec cette affirmation, ce qui est mon cas, alors on ne doit pas réfléchir avec les étudiants, dans le cadre d’un enseignement d’éthique des affaires, à ce qu’est un « bon employé », mais plutôt à ce qu’est une « bonne personne en général », à ce qu’est une vie qui mérite d’être qualifiée de « bonne » ».
En savoir plus sur le discours prononcé par Alain ANQUETIL, lors de la remise du prix : http://www.fondationostadelahi.fr/upload/trophees/2010/allocution-alain-anquetil-100617.pdf